Une impression très nette à l’issue de cet événement : 15 ans après son arrivée en France, le hacking des origines se nomme maintenant  « sécurité informatique », et dans sa partie visible, comme ici une conférence, ses membres se réclament de l’éthical hacking, où la part subversive de leur pratique est restreinte au minimum admissible dans un milieu professionnel : néant. Il n’y a plus de hackers, il y a des experts,  dont certains travaillent pour des clients de grande envergure (banques, gouvernements etc), dont d’autres sont aussi des chercheurs, amenés par leurs recherches à explorer une technique ou une technologie particulières. Des spécialistes dans leur discipline. Un très grand nombre de disciplines (potentiellement autant que de technologies). Une nouvelle version des Jeux Olympiques, où à la limite, il ne sert à rien de demander au coureur de marathon de vous expliquer le saut à la perche : il y a de fortes chances qu’il n’y comprenne pas grand chose. Mais lorsqu’il s’agit de l’esprit sportif, là, tout le monde se comprend.

Autre découverte à FrHack 2009 : le personnage de Richard Stallman. En créant le système GNU puis la Free Software Foundation, Richard Stallman a donné naissance au logiciel libre. Dans de nombreuses conférences à travers le monde, il répète les quatre principes de liberté fondamentale qu’il a énoncés pour protéger les utilisateurs des logiciels (c’est à la fin de ce film. Ce film est par ailleurs une porte d’entrée dans la vidéo interactive : suivez les LIENS EN ROUGE et naviguez dans 1 heure de vidéo) :

Avec une telle déclaration, la communauté du logiciel libre entre ouvertement en lutte contre les pratiques propriétaires au sein de l’industrie logicielle. Alors que chez un grand éditeur comme Microsoft, les logiciels sont distribués sous une forme binaire, où le code source reste inaccessible, un logiciel libre se construit de manière collaborative à partir d’un code source accessible à tous, dès le départ. C’est ainsi que le système Linux est né, lorsqu’un noyau enrichi par une communauté de développeurs entourant Linus Torvalds, s’est associé au système GNU, lui aussi communautaire, et initié par Stallman.

La communauté du logiciel libre est un pur produit hacker, mais les liens initiaux entre hacking et logiciel libre, pourtant évidemment lisibles dans les parcours de Stallman puis Torvalds (tout comme dans celui de Steve Wozniak, concepteur des premiers Apple, et de bien d’autres dinosaures du paysage informatique mondial), tendent à être estompés par le succès planétaire des logiciels libres et leur utilisation quotidienne par des états, des institutions et des grandes entreprises qui échouent systématiquement à reconnaître et assumer un aspect bénéfique dans tout se qui touche de près ou de loin aux pratiques de hacking.

Pour aller plus loin :

Regard de Bughira (conférencier) sur FrHack 2009.