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J’ai réalisé un rêve de gosse. Enfin presque. Un rêve d’ado qui découvrait le cinéma après avoir passé des heures devant la télé et les jeux video. De jeune adulte qui s’est mis à croire que l’informatique allait bien finir par rendre les films intelligents, et qu’il fallait casser cette linéarité qui a dominé le premier siècle du cinéma (le XXème). De jeune diplômé en cinéma qui découvre le numérique et l’internet comme les outils à utiliser désormais, et qui se lance d’un coup dans tout un tas de trucs en même temps pour rattraper son retard, du PHP à Final Cut, du HTML à Adobe CS en passant par l’ActionScript.  www.territoirehacker.fr est en ligne depuis le lendemain de la victoire socialiste aux dernières élections.

Qu’est-ce que c’est ?

C’est l’application interactive en ligne qui permet de naviguer dans les 14 films de ce projet à la découverte de la scène hacker française. Elle se construit pas à pas, c’est un projet de long terme. C’est une application libre et ouverte, dont les éléments sont distribués sous licence Art Libre, ce qui signifie que chacun peut contribuer à améliorer cette application et en récupérer les éléments pour sa propre utilisation.

Comment ça marche ?

Faisons un tour des éléments :

1. 14 films

11 entretiens, 3 films d’événements qui chacun présente un extrait de chaque entretien. En tout, près de 2h de vidéo. 

L’idée de départ a été que chacun des films des événements (FrHack, Hackito Ergo Sum, Nuit du Hack) soit un film court présentant des extraits d’entretiens plus longs. Ensuite, il fallait mettre à disposition tous les films et laisser l’utilisateur poursuivre un entretien si l’extrait attire son attention. C’est une forme de lien hypertexte dans la vidéo, par l’intermédiaire d’un bouton qui apparaît et disparaît dans l’image. Le premier jet de cette application a été réalisé avec l’outil d’annotations proposé par YouTube.

2. Une liste de repères temporels

Téléchargeable sur le site, cette liste présente les connections d’un film à l’autre qui ont été réalisées pour cette version. Le tableau se lit comme suit :

d’abord verticalement. Colonne de gauche, chaque ligne présente le time code (repère temporel) d’entrée de chaque personnage dans le film FrHack 2009 : Jérôme à 0, Philippe Gamache à 38 sec. Ces temps sont convertis en secondes (en gras), car c’est l’unité de la fonction ActionScript que nous utiliserons pour retrouver un moment précis dans une vidéo. Colonne de droite, les time code indiqués correspondent à l’apparition du bouton « CONTINUER l’entretien » permettant de sauter vers la suite de l’entretien. Le bouton s’éteint automatiquement 5 secondes plus tard si l’utilisateur ne clique pas.

Dans cet exemple surligné en vert, nous sommes dans le film d’événement 1_frhack_live.flv (FrHack 2009). Arrivé à 50 sec, Philippe Oechslin commence à parler. 18,2 sec plus tard, le bouton apparaît proposant de continuer l’entretien avec lui. Si l’utilisateur clique, nous passons à la partie basse du dessin, la croix en bas à gauche, en continuant de lire de gauche à droite. Nous sommes dans le film 2_philippe_oechslin.flv, et nous y entrons à 1 min 33 (93,0 sec) du début. Enfin, à 123,1 sec, pendant 5 secondes un bouton  propose de retourner vers le film que nous venons de quitter. En cas de clic, nous reprenons le film 1_frhack_live.flv à l’entrée du personnage qui suit Philippe : David.

3. Code ActionScript et fichiers XML

Dans ce code et celui des fichiers XML se retrouvent les informations décrites dans la partie précédente. Le fichier catalogue_videos.xml contient la liste des films avec les infos importantes :

Et le fichier liens_videos.xml (ci-dessous à droite) répertorie tous les repères temporels déclenchant l’affichage d’un bouton pour chaque film :

On y retrouve les infos issues de la liste des repères temporels qui faisait l’objet de la partie précédente. Pour configurer un bouton, les infos nécessaires sont donc un time code d’entrée du bouton dans le film en cours (frame), une forme, un film cible et un time code d’entrée dans le film cible (depart).

Ensuite, le code ActionScript (à gauche, une toute petite partie, simple à comprendre) permet de manipuler ces informations, automatiser la diffusion et le passage d’un film à l’autre. De telle sorte qu’avec une nouvelle liste de sélection, une nouvelle liste de repères temporels, et un fichier XML stockant ces nouvelles infos, il est possible de proposer une ligne de navigation différente dans le même projet sans rien modifier du code de l’application, et donc, potentiellement, sans maîtriser le langage. Par ailleurs, en modifiant les données des deux fichiers xml, il est possible de reproduire cette architecture interactive simple à partir d’autres films.

La publication de ces éléments, c’est le pari du partage contre la rétention de l’information. Cette application est encore trop basique pour prétendre apporter une expérience de vidéo interactive palpitante à l’utilisateur, mais petit à petit, et si j’ai de la chance, à plusieurs mains, nous lui donnerons de l’ampleur, les idées ne manquent pas.

Prochains développements d’ici quelques temps !

Petit post d’auto-promo en aparté pour parler du film de la Nuit du Hack 2011 qui m’a été commandé par Sysdream, mon premier travail rémunéré dans le milieu du hacking. Le film de 12 minutes est en ligne depuis juillet et récolte de bons retours. Le voici : (attention : contrairement au reste du contenu de ce blog, ce film n’est pas en copyleft, il est propriété de Sysdream-HZV, tous droits réservés).

Tourné en une journée et une nuit, il montre l’essentiel de l’événement, conférences, workshop et challenge, avec une variété de styles, alternant l’événementiel un peu hype, le film de conférences et le documentaire dans les séquences de la préparation du challenge et de son annulation. A noter qu’intégrer cette partie dans le film n’était pas une évidence, il aura fallu réfléchir ensemble à la manière de présenter la situation et la faire expliquer à la fin du film par Paolo Pinto. Une « communication de crise » typique qui visiblement a porté ses fruits. Bravo et merci au staff pour sa prise de recul et sa volonté d’assumer publiquement cette annulation.

Dans ce film j’utilise une nouvelle fois une technique de compositing en cache contre-cache, permettant de mélanger les personnages sur scène avec d’autres prises de vue. C’est de l’incrustation DIY, car on utilise généralement un fond coloré et du matériel vidéo offrant la possibilité de lisser les contours en post-production. Rien de tout cela n’a été utilisé ici, une caméra mini DV et After effects auront suffi, l’effet est brut, il laisse passer des impuretés, mais je ne m’en lasse pas ;).

Un quart de ma rémunération a été reversée à Tana pour l’utilisation de son morceau « Guacamoules frites ». Tana vit maintenant au Mexique, il évolue dans le champ de la musique électroacoustique, il est également guitariste dans une formation hardcore-jazz, les Louise Mitchels, notre collaboration a commencé il y a 2 ans, et depuis peu il a un site.

Pour financer un tel film, la plupart des organisateurs d’événements peuvent faire appel à des sponsors, ou leurs fonds propres lorsqu’il s’agit d’entreprises. A quand, également, une utilisation d’Ulule pour ce type de prestations, afin de faire voir des événements communautaires non financés ?

Cette rencontre avec Sysdream-HZV a été également l’occasion de 3 interviews orientées sécurité, en cours de montage. Nous y reviendrons dans de prochains articles, après un détour par Hackito Ergo Sum 2010. Eh oui, je n’ai toujours pas raconté comment j’ai atterri dans cette conférence l’année dernière. Ambiance, vous verrez.

Enfin, une idée pour une prochaine session ndh : s’installer en multi-caméra pendant le challenge et retransmettre dans une salle annexe pour que le public puisse vivre le challenge en temps réel.

Bonne rentrée !

Voici quelque chose que vous ne verrez pas à la télé, et qui ouvre la voie pour la vidéo du XXIème siècle.

Des artistes récupèrent et reformulent les contenus qui hantent leur mémoire. Films, dessins animés, clips, émissions TV, vidéos institutionnelles, ils hachent/hackent cela avec précision pour isoler des moments marquants, allant jusqu’à recréer des bande-sons musicales intégralement produites par les sons du film récupéré. Un travail d’intensification, de citation et de détournement souvent très impressionnant, musical, chirurgical, dense et dansant.

Suivez ce lien pour accéder à la playlist sur YouTube.

Stimulant. On dirait presque qu’ils ont tout réinventé… OU PAS !

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